Activité physique

Comment adapter son entraînement si on souffre d'arthrose aux genoux sans aggraver la douleur

Comment adapter son entraînement si on souffre d'arthrose aux genoux sans aggraver la douleur

Souffrir d'arthrose aux genoux ne signifie pas qu'il faut renoncer à l'activité physique. Au contraire : j'ai appris, à force d'écoute et d'expérimentations, que bouger de manière adaptée peut réduire la douleur, améliorer la fonction et ralentir la progression de la maladie. Voici comment j'adapte mon entraînement — et comment je vous conseille de le faire — pour préserver vos genoux sans les surmener.

Écouter ses sensations : la règle d'or

Avant toute chose, je me fie à mes sensations. L'arthrose implique souvent des fluctuations : certains jours sont meilleurs, d'autres moins. Je distingue trois types de réactions :

  • Douleur aiguë ou « coup de poignard » : je stoppe immédiatement l'exercice.
  • Douleur supportable pendant l'effort mais qui diminue après : je surveille et note si elle se reproduit plus forte le lendemain.
  • Douleur qui s'aggrave ou provoque une raideur prolongée (> 48 heures) : je réduis l'intensité et consulte un professionnel.
  • En pratique, j'applique la règle de la douleur modérée : si l'exercice provoque une douleur qui dépasse 3-4/10 et qui ne diminue pas à la fin de la séance, je l'évite ou l'adapte.

    Prioriser les exercices qui protègent l'articulation

    Le but est de renforcer les muscles qui stabilisent le genou (quadriceps, ischio-jambiers, fessiers) et d'améliorer l'amplitude et la proprioception, sans charger excessivement l'articulation.

  • Renforcement en chaîne fermée : squats partiels, fentes statiques contrôlées (selon tolérance), step-ups bas. Ces mouvements sollicitent le genou sans hyperflexion si exécutés correctement.
  • Renforcement en chaîne ouverte : extension du genou sur machine ou avec bande élastique (TheraBand) à charge légère pour travailler le quadriceps sans compression excessive.
  • Muscles fessiers : ponts, abductions de la hanche, fire hydrants. Des fessiers forts réduisent la charge sur le genou.
  • Proprioception et équilibre : exercices sur surface instable (coussin d'équilibre), monopodaux statiques, travail sensoriel avec yeux fermés.
  • Adapter le cardio : privilégier les activités à faible impact

    Le cardio est essentiel pour la santé globale et pour contrôler le poids (facteur important pour l'arthrose). J'évite les activités répétitives à fort impact comme le run sur bitume si mes genoux sont sensibles. Mes choix préférés :

  • Marche rapide sur terrain plat — facile à moduler et bénéfique pour maintenir la mobilité.
  • Vélo (stationnaire ou extérieur) — excellent pour renforcer sans choc. Ajustez la hauteur de selle pour éviter une flexion excessive du genou.
  • Natation et aquagym — l'eau décharge le poids et permet des mouvements complets sans douleur. L'aquajogging est une bonne alternative.
  • Elliptique — bon compromis si bien réglé, attention aux amplitudes et à la posture.
  • Comment structurer une séance type (exemple)

    Voici une séance que je pratique régulièrement, 2 à 3 fois par semaine, en adaptant les répétitions selon la douleur :

    Échauffement (10 min) Marche+mobilisations douces du genou (flexion/extension), rotations de la hanche
    Renfo musculaire (25-30 min)
  • Squat partiel 3x10 (adapté à la douleur)
  • Pont fessier 3x12
  • Step-up bas 3x10 par jambe
  • Extensions de jambe avec bande 3x12
  • Proprioception (10 min)
  • Appui monopodal 3x30 sec
  • Equilibre sur coussin 3x30 sec
  • Cardio (20-30 min) Vélo ou natation à intensité modérée
    Étirements et retour au calme (10 min) Étirements des quadriceps, ischio-jambiers, mollets; massage doux

    Progression et dose d'entraînement

    Je respecte la progression : augmenter la charge ou la durée très progressivement. Quelques règles simples que j'applique :

  • Augmenter le volume total d'entraînement de 5 à 10 % par semaine maximum.
  • Privilégier la régularité : 3 séances courtes valent mieux qu'une séance trop intense qui génère une poussée douloureuse.
  • Intégrer des jours de récupération active (marche douce, étirements, natation légère).
  • Matériel utile

    Voici ce que j'utilise et recommande souvent :

  • Bandes élastiques (TheraBand) pour le renforcement progressif.
  • Chaussures adaptées avec bon amorti (Decathlon, Asics) pour la marche ou le vélo.
  • Un tapis antidérapant pour le sol et un coussin d'équilibre pour la proprioception.
  • Application ou montre cardio (Polar, Garmin) pour contrôler l'intensité et rester en zone modérée.
  • Gérer la douleur et l'inflammation

    Quand la douleur augmente, j'applique ces mesures :

  • Repos relatif et modification des activités qui provoquent la douleur.
  • Application de glace 10-15 minutes après un effort intense si le genou est chaud et enflé.
  • Anti-inflammatoires topiques (gel) selon avis médical et médicaments oraux uniquement sur recommandation du médecin.
  • Bandage ou genouillère légère pour stabiliser ponctuellement, surtout durant les activités. Les genouillères de compression peuvent aider (marques : Bauerfeind, McDavid).
  • Quand consulter un professionnel ?

    Je vous encourage à consulter si :

  • La douleur est intense, s'aggrave ou limite nettement les activités quotidiennes.
  • Il y a un gonflement persistant, rougeur ou chaleur locale.
  • Vous envisagez un programme de renforcement important ou de reprise d'un sport à impact élevé.
  • Un physiothérapeute ou un médecin du sport pourra établir un bilan, proposer des exercices ciblés, et, si besoin, orienter vers des bilans radiologiques ou des traitements (injections, orthèses, etc.). Les recommandations des sociétés savantes comme la Société Française de Rhumatologie ou l'OMS insistent sur l'importance d'une activité physique adaptée et d'un encadrement professionnel si nécessaire.

    Adapter selon l'âge et le profil

    Chaque personne est unique : un jeune avec arthrose post-traumatique n'a pas les mêmes besoins qu'une personne de 70 ans. J'adapte la fréquence, l'intensité et la nature des exercices selon :

  • La condition physique générale.
  • La présence de comorbidités (cardio, diabète).
  • Les objectifs : maintien de l'autonomie, reprise d'un sport spécifique, perte de poids, etc.
  • Astuce pratique : garder un journal d'entraînement

    Pour moi, tenir un petit carnet — ou utiliser une appli — a été déterminant. J'y note :

  • Type d'activité, durée, intensité.
  • Douleurs avant/après et 24-48 heures après.
  • Facteurs contextuels (chaussures, terrain, fatigue).
  • Ce suivi permet d'identifier rapidement ce qui aggrave ou soulage la douleur et d'ajuster le plan en conséquence.

    Si vous voulez, je peux vous préparer un programme personnalisé sur 6 semaines adapté à votre niveau et à votre douleur actuelle — dites-moi votre âge, vos antécédents et ce que vous aimez faire, et je m'en occupe.

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